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Vous cherchiez la version originale, non-abrégée et non-remaniée, de Solomon ? Eh bien, vous l’avez trouvée ! Nicholas McGegan, spécialiste de Haendel, livre son interprétation lumineuse, fidèle à la partition originale, avec à ces côtés, Tim Mead, brillant, dans le rôle titre.  Solomon appartient à la grande série des oratorios de la fin de la vie de Haendel. Composé en 1748, en seulement cinq semaines, cette œuvre contient des pages absolument magnifiques, parmi les plus étonnantes du compositeur. En témoignent May no rash intruder, à la fin du premier acte, ou Praise the Lord dans le troisième acte, chœur d’une richesse polyphonique proprement stupéfiante, de même que certains airs : Welcome (duo Solomon/la Reine), Golden columns (Zadok, Acte III), Will the sun (La Reine de Sabba, Acte III). L’interprétation en live ici présente de belles qualités. Tim Mead (Solomon), contre-ténor encore méconnu en France, est extraordinaire par sa voix ample, ronde et chaleureuse ainsi que par sa force expressive – il rappelle parfois Paul Eswood -, nonobstant par moments un manque d’assurance dans les registres extrêmes (What though I trace). La voix typée de Claron McFadden, le timbre charmeur et lumineux de Dominique Labelle complètent notamment la distribution. Si le chef Nicholas McGegan reste un peu en retrait dans le premier acte, sa direction devient par la suite fine, légère et vive, voire réellement poétique (Will the sun). Une interprétation à connaître avant tout pour la prestation de Tim Mead, et pour entendre également les chœurs de Haendel chantés divinement ! (Pierre-Yves Lascar)

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