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Cinq des meilleures ventes du label Brana dans un coffret en édition limité à prix spécial Noël !  Le label britannique Brana Records rassemble dans un coffret cinq de ses précédents albums consacrés à la grande pianiste, aujourd’hui méconnue, Felicia Blumental. Son jeu naturel, lumineux, coloré, incroyablement instinctif fait merveille dans tous les répertoires, de Bach à Villa-Lobos en passant par les écoles de clavier espagnole et ibérique du XVIIIème siècle, les Classiques viennois, Chopin, Szymanowski, dont elle fut l’une des premières interprètes régulières. Blumental se fit également une spécialité des répertoires avec orchestre rarement à l’honneur des studios (Hummel, Czerny, Ries, Stamitz, Vogler, Hoffmeister, Viotti). Le coffret ici présent met en valeur cette part de son répertoire. Les mélomanes regretteront à jamais que la pianiste ait pâtit souvent d’ensembles et de chefs de seconde catégorie qui édulcorent de toute évidence la grande sensibilité de ses interprétations. A côté d’une Bachianas Brasileiras n°3 sans magie avec la Philharmonie de Trieste sous la direction de Luigi Toffolo, le récital Villa-Lobos (BR 0001) présente un live du Cinquième Concerto, d’une grande beauté, et qui bénéficie de l’accompagnement magnifique, toujours émouvant et poétique de Michael Gielen à la tête de l’Orchestre Symphonique de Vienne (Vienne, 25 mai 1955, dix-sept jours après la création mondiale à Londres, le 8 mai, avec le London Philharmonic et Jean Martinon). Les quatre pièces de Villa-Lobos, Guarnieri, Mignone, complétant ce premier programme (Londres, 15 novembre 1949, Société anglo-brésilienne de Londres) demeurent d’une pureté immaculée. Quels sens du sourire, de la vie rythmique ! Le deuxième album (BR 0002) propose le Concerto n°2 opus 105 de Tavares, un enregistrement d’origine Decca réalisé au Kingsway Hall les 22-23 juin 1954 avec l’Orchestre Symphonique de Londres sous la direction d’Anatole Fistoulari. Interprétation souple et humble d’une œuvre absolument marginale, complétée par deux œuvres d’Albéniz : la Rhapsodie espagnole opus 70 (Philharmonie de Trieste – Luigi Toffolo), et le Concerto fantastique opus 78 (Orchestre de Turin, Alberto Zedda, en stéréo), qui réussit à dépasser le simple stade de l’anecdotique. Là réside tout le génie de Blumental, pianiste dotée d’un charme irrésistible (écoutez le Scherzo et la finesse de ses attaques !), et Zedda est un musicien intelligent. Le disque consacré à des oeuvres pour piano et orchestre de Czerny (Vienne, 1968), Stamitz et Vogler (BR 0024) reste dépendant de la qualité assez moyenne des œuvres, surtout le Vogler (Milan, 1963), guère imaginatif – la période classique dans ses plus mauvais jours. Retenons cependant le Concerto de Stamitz (Württemberg, années 1970), où Blumental éblouit par sa grande délicatesse et son entente parfaite avec Jörg Faerber et l’Orchestre de Württemberg. L’album (BR 0005, 1968) regroupant les Concertos op.214 de Czerny et op.55 de Ries voit aussi Felicja Blumental superbement inspirée. Jeu ample, magnifiquement respiré, sinon toujours chaleureux du fait d’une prise de son métallique (surtout dans le Czerny). Le Concerto de Ries, enregistré au Palais Klessheim à Salzbourg en 1968 est à découvrir. Enfin le dernier disque du coffret propose une interprétation du Concerto pour violon de Beethoven dans l’arrangement pour piano du compositeur. Interprétation merveilleuse, où l’orchestre et le chef, si modestes soient-ils, ressortent électrisés par la présence de la pianiste. Un toucher fin et sublime, un sens des attaques (les pianissimos) étourdissant. Une interprétation de référence. Dans la catégorie « sommet de musicalité avec des artistes modestes », il faut impérativement découvrir le Premier Concerto de Chopin avec Robert Wagner (BR 0010). (Pierre-Yves Lascar)

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